Bonjour à tous,
Je suis tombé sur une vidéo https://x.com/CerfiaFR/status/2075881645907808434 assez bouleversante où une petite fille de 10 ans, Manon, explique qu’elle n’a « plus envie d’exister » et qu’elle a des idées noires. Ça m’a vraiment marqué, surtout en apprenant qu’en France, environ 13 % des moins de 15 ans déclarent avoir déjà eu des idées suicidaires.
Je me demande comment on en est arrivé là. Est-ce que les réseaux sociaux, le harcèlement scolaire, l’anxiété ou d’autres facteurs expliquent cette hausse, ou est-ce que les enfants osent simplement davantage parler de leur mal-être qu’avant ?
Pour ceux qui sont parents, professionnels de santé ou qui ont vécu une situation similaire, quels signes vous semblent les plus importants à repérer ? J’ai l’impression qu’on sous-estime parfois la souffrance psychologique des enfants en pensant qu’ils sont “trop jeunes” pour traverser ce genre de détresse.
Si certains ont des conseils, des témoignages ou des ressources utiles, je serais intéressé de les lire. C’est un sujet qui mérite d’être pris au sérieux.
Merci à tous
Bonjour Kaki,
Il est probable qu’il n’y ait pas une seule explication. Les idées suicidaires chez l’enfant sont généralement multifactorielles : vulnérabilité psychologique, harcèlement scolaire, difficultés familiales, troubles anxieux ou dépressifs, exposition aux réseaux sociaux, événements de vie difficiles… Ces facteurs peuvent s’additionner.
On parle aussi davantage de santé mentale qu’il y a quelques années, ce qui favorise le repérage et la prise de parole. Cela ne signifie pas forcément que tous les cas sont nouveaux, mais plutôt qu’ils sont mieux identifiés.
En revanche, un point est essentiel : lorsqu’un enfant dit qu’il n’a “plus envie d’exister” ou évoque des idées de mort, ces paroles ne doivent jamais être banalisées, quel que soit son âge. Elles doivent être prises au sérieux et conduire à un dialogue avec les parents ou les personnes de confiance, ainsi qu’à une évaluation par un professionnel de santé si nécessaire.
Les signes qui peuvent alerter sont notamment un changement marqué de comportement, un repli sur soi, une perte d’intérêt pour les activités habituelles, des troubles du sommeil ou de l’alimentation, une irritabilité inhabituelle, une baisse des résultats scolaires, des automutilations ou des propos répétés sur la mort ou le sentiment d’être un poids.
L’objectif n’est pas de s’alarmer au moindre changement, mais de ne pas minimiser une souffrance psychique sous prétexte qu’il s’agit d’un enfant. Une prise en charge précoce améliore souvent le pronostic et permet d’éviter que la situation ne s’aggrave.
Prenez soin de vous !